Ilann Vogt

Plasticien / Tisserand

Démarche

Au-dessus, en dessous. La superposition est simple, juste cela, deux choix devant lesquels les matrices peuvent s’agencer. À chaque maille choisir entre au-dessus est en dessous. Un jour j’ai calculé, je crois avoir le tour de la terre dans la longueur de mes lamelles de récits. C’est enfantin et tout tient à cela, à cette candeur de la main qui avance dans le précis de ce que l’on fait.

 

De là, à brouiller entre envers et endroit, conscient et inconscient, visible et invisible, lisible et illisible : Faire. D’une duplicité, d’une lamelle devenue surface à force de répétition, perdre ses repères, perdre ce qui surgit, ce qui s’enfouit. Savoir au fond que c’est la même chose. Que de ces deux choix initiaux, nous perdons toutes notions d’intérieur et de dehors. Ici : tout est dehors. Ici tout est intérieur. Nous ne pouvons plus penser, et cela serait idiot de le faire, la main à in-conscientiser l’ensemble. Il appartient désormais à un inaccessible de candeur. Il comprend ses secrets.

 

C’est un exercice des profondeurs, c’est un exercice de la main qui travaille sans relâche à créer du du voir, mais également du non-voir. La main qui travaille à ne plus savoir ce qu’elle fait, mais fait, réalise quelque chose du temps, il faut bien avancer. Il faut bien avancer, quand bien même dans le nulle part, l’absence suprême à laquelle je crée un présent du voir.

Oct 2022